
Graeme Allwright
Un des géants de la chanson française, mais un modeste. Né en Nouvelle-Zélande en 1926, arrivé en France en 1951, il n’a commencé à chanter dans les cabarets qu’en 1965. Il a très vite remporté un grand succès et, à contre-courant de la vague yé-yé, il est devenu le chanteur protestataire de la génération 68, adaptant Bob Dylan et surtout Léonard Cohen. Il a ensuite voyagé sur tous les continents, surtout en Inde et en Afrique, à Madagascar par exemple d’où il a ramèné Érik Manana, un extraordinaire musicien, mais aussi une voix d’or capable de jouer sur tous les tons de la gamme.
Graeme Allwright témoigne de beaucoup d’humanisme et se révolte conte l’injustice sociale. Il possède une âme de pacifiste (c’est pourquoi il mène aujourd’hui le combat pour imposer d’autres paroles, moins guerrières, à notre Marseillaise) et sa tendresse le rend attachant. Sa simplicité, son authenticité le rendent proche de nous. Il a choisi délibérément une carrière à l’écart des médias et c’est ainsi qu’il peut se produire dans des petits lieux, comme ce fut le cas lors de ces Giboulées 2000 au cours desquelles il nous a offert près de trois heures d’enchantement, comme le traduit ce texte écrit à chaud après son passage :
Merci Monsieur Graeme Allwright, car c’est un grand moment de bonheur que vous nous avez offert pour conclure ces Giboulées 2000, un de ces instants de grâce comme seule la chanson peut en offrir. Nous étions comme en apesanteur, transportés hors du temps, sur une planète que beaucoup d’entre nous, les plus anciens (ou plutôt les moins jeunes), nous croyions à jamais perdue et que, par magie, nous retrouvions comme si nous ne l’avions jamais quittée, la planète de nos chimères, celle de nos années 68, une planète que les plus jeunes, eux, découvraient, la planète des rêves fraternels, celle des citoyens du monde. Il y avait devant nous ce dimanche un jeune homme de plus de soixante-dix ans dont les yeux pétillaient comme à vingt ans et dont la voix, toujours aussi chaude, nous berçait de ces ballades qui sont entrées dans le patrimoine de la chanson. Emmène-moi, Suzanne, Petit garçon, Sacrée bouteille, L’Étranger, Petites boîtes, Petite fleur fanée, et tant d’autres, et des plus belles, il les a toutes chantées, pendant près de trois heures. Quelle générosité ! Quelle gentillesse ! Quel respect du public ! Oui, vraiment, c’est un grand monsieur de la chanson que nous avions à Basse-Goulaine ce dimanche.